Quand le Nord devenait français 1635-1713, par Jean-Michel Lambin

Histoire de Flandre, le point de vue flamandHistoire de Flandre, le point de vue flamand

par Eric Vanneufville

Editions Yoran embanner, 2009, 350 p. format poche, 10 €

 

Aux Pays-Bas, les historiens ont intégré en partie, selon les territoires et les époques, l'histoire de la Flandre. Leurs collègues belges ont fait de même. En France, la Flandre de France, en tant que telle, a fait l'objet de différentes études, surtout par des historiens francophones. Il manquait à cet ensemble de travaux divers et non coordonnés, une vision globale et harmonisée, dépassant les clivages habituels et surtout tenant compte des apports néerlandophones. Bref, la lacune c'était le "point de vue flamand", forcément différent de celui de Paris, Bruxelles ou Amsterdam, habituellement véhiculé. C'est dans cet esprit qu'a été conçu et réalisé le présent ouvrage, qui s'appuie sur les racines de la Flandre médiévale en son intégralité, depuis l'Escaut jusqu'à la Scarpe, puis sur les modifications apportées par les princes et les monarques, depuis les Bourguignons jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Se pose aussi la question de l'identité flamande, celle d'un peuple divisé sur trois états. Ces derniers, plus ou moins motivés par la reconnaissance du peuple flamand, abordent différemment la question de cette identité.

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Pour comprendre l'histoire de notre région il faut vraiment la resituer dans son contexte historique général à savoir celui de la Flandre ou des Flandres. C'est ce que l'auteur fait reprenant ainsi la manière de faire ancestrale qu'une histoire départementale ou locale ne saurait rendre. Des origines des Pays-Bas, de la Flandre française, de la région de Dunkerque à Lille à nos jours avec cette Belgique et sa lutte entre Flamands et Wallons mais aussi les rapports de cette dernière avec la "Hollande", l'auteur nous fait saisir nos origines et envisager l'avenir en particulier de la langue flamande. Quelques regrets : les coquilles et fautes de frappe et la mention quasi systématique de la traduction flamande des noms de communes citées qui alourdie le texte inutilement en raison de sa répétition. Le livre le plus actuel bâti de la bonne manière pour aborder notre histoire. A posséder absolument.

 

Les étrangers dans la région du NordLes étrangers dans la région du Nord

par Jean-René Genty

Repères pour une histoire régionale de l'immigration dans le Nord Pas-de-Calais (1850-1970)

Ed. Harmattan,  CREAC histoire, 2009, 198p 19€

 

Données statistiques et analyses historiques sur les étrangers dans la région du Nord : Belges, Polonais, Italiens, Algériens… Accompagnées de témoignages et de documents.

 

Histoires et Familles du Nord, tome IIIHistoires et Familles du Nord, tome III
de la Monarchie de Juillet aux premiers jours de la Troisième République

par Hervé Lépée
Septembre 2013, 35 €
Site de l'éditeur

Dans son troisième ouvrage, l’auteur nous promène dans la région du Nord, en plein cœur du XIXème siècle. On découvre les encombrements des villes enserrées dans leurs remparts, de leurs portes jusqu’à leurs grand’ places où des chariots tirés par des bœufs sèment encore le désordre.

De nombreux ponts enjambent les canaux, même dans les rues les plus empruntées. Lorsque le soleil chauffe, ces égouts à ciel ouvert dégagent des odeurs pestilentielles et propagent de terribles maladies.

Sur les rives, les fabricants textile, fer de lance de l’industrie, se sont implantés pour pomper l’eau et alimenter leurs machines.  Certains de ces entrepreneurs bâtissent d’immenses fortunes. L’un d’eux lègue une de ses quatorze fermes aux hospices de sa ville afin d’acheter des lits pour ses anciens ouvriers. Dans les fabriques, assourdis par le bruit des machines, les ouvriers – hommes, femmes, enfants - se trouvent terriblement exposés aux accidents de travail.

Le petit peuple vit dans des conditions extrêmes. Victor Hugo et Adolphe Blanqui découvrent l’indicible : nulle misère au monde n’est comparable à celle des habitants du quartier Saint-Sauveur, écrira Blanqui.

Les édiles pensent qu’en agglomérant ville et faubourgs les conditions de logements s’amélioreront, mais c’est un leurre.

Dans les faubourgs lillois, en moins de cinq ans, de longs boulevards quadrillent champs, prés, prairies, jardins et leurs tapis multicolores qui disparaissent sous des rangs d’habitations souvent uniformes.

Le chemin de fer bouleverse autant le paysage des campagnes que le paysage économique. C’est alors la ruée vers la houille : on se met à forer partout pour alimenter les machines.

Des entrepreneurs anglais ouvrent des usines dans les faubourgs, les Belges affluent pour y travailler. Les habitants de Wazemmes assistent éberlués au passage d’une chaudière monstre tirée par sept chevaux en sueur. Un peu plus loin, des bandes d’enfants se battent à coup de pierres et de tessons de bouteille. Tout autour, les cheminées des usines crachent des nuages épais sur les rythmes des métiers.

Les cabarets sont innombrables. Ils accueillent les réunions des sociétés de secours mutuels qui viennent en aide aux ouvriers malades, les sociétés musicales, mais aussi les notaires des campagnes alentours qui y tiennent régulièrement une étude annexe.

On respire ici l’odeur âcre du tabac et celle doucereuse de la bière fabriquée dans la centaine de brasseries de l’agglomération lilloise. Quand les brasseurs osent augmenter le prix du jus d’houblon, les buveurs se mettent en grève.

On y boit aussi de l’eau-de-vie. Profitant des maladies qui frappent le vignoble français, des distillateurs n’hésitent pas à expédier en Charente leur production d’alcool de betterave qui revient avec l’appellation de Fine Champagne…

Dans cette évocation de ce siècle turbulent, vous découvrirez l’histoire des industriel textiles Boutry-Droulers, Colombier-Batteur, Crespel, Dassonville, Barthélemy Delespaul, Descamps, Droulers-Agache, Dubois-Charvet, Flamen, Richebé, Wallaert, des chocolatiers Delespaul-Havez, Watrelot-Delespaul, des brasseurs Richebé, Watrelot-Lamblin…

Très documenté, ce récit est complété par une iconographie majoritairement inédite et des annexes – 84 tableaux généalogiques, index patronymique et toponymique -, qui feront le bonheur des férus d’histoire locale.