Complément au Castelo-Lillois n°13 spécial témoignages

Extraits d'actes notariés concernant la guerre de Trente Ans

Partie 2 - Notaires ville de Lille

 

 

2 E 3 / 2796 acte 47 du 11/08/1660

Josse DEPARMENTIER écuyer, Sr du Grand Bus déclare que les archiducs Albert et Isabelle en considération des services rendus par feu Josse DEPARMENTIER en 1601 ils ont donné à Jean DEPARMENTIER son fils l'état de greffier de la Gouvernance de Lille pour 9 ans rendant 600 du prix de 40 gros de Flandres avec clause expresse qu'à sa mort, son fils, premier comparant, sera subrogé. Mais à cause des guerres on n'a pu trouver moyens suffisants pour fournir à l'entretient et subsistance de l'état de leurs dites altesses et on a par ordre et mandement cédé le dit état de greffier par forme gagère au dit Jean pour 8000 livres précisant que leurs altesses pourraient racheter le même prix quand il leur plairait pour être réuni à leur domaine et le dit greffier pouvoir jouir alors de son état pour le reste des neuf ans commencés en 1602. En 1628 on averti la Gouvernance qui si elle rachetait l'office ce droit s'exercerait. La dite gagère a été vendue à François WARESQUIEL licencier es droits et avocat qui prétend en prendre état sans attendre la fin du bail de 9 ans. Le comparant lui fait savoir qu'il ne se départira pas de son office.

 

2 E 3 / 2796 acte 68 du 24/05/1660

Monsieur maître Gaspard RUFFIN prêtre pasteur de Mercque saint Liévin pays d'Artois, Jean CADEL (signe GADEL) bailli, Marc HOURABLE (signe HURABLE) marguillier, Pierre MESQUINON et Antoine BILQUE hommes de fief de Mercque suite à l'accord fait entre leur prédécesseurs pasteur et gens de loi du dit lieu d'une part, et les marguilliers de l'église paroissiale de Monsieur Saint Etienne à Lille d'autre part lorsque les reliques de Monsieur Saint Liévin ont été rapportées à St Etienne pour y être déposées et gardées durant la guerre selon les conditions portées au contrat le 30/01/1641 ils font les comptes avec les dits gens de St Etienne des dépenses et troncs restant 52 florins 18 patards 1/2 qu'ils confessent avoir reçu des Lillois, présent Pierre MACHON bailli de la dite église St Etienne.

 

2 E 3 / 854 acte 15 du 16/10/1648

François HAYART fils de feu Louis âgé de 80 ans, Antoine FREMAULT fils de feu Jean âgé de 72 ans, Pierre FREMAULT son fils âgé de 42 ans et Pierre DUTHOIT fils de feu Philippe âgé de 41 ans tous laboureurs à La Madeleine en environs réfugiés à Lille à cause des guerres témoignes qu'en septembre dernier l'armée d'Espagne est venue loger aux environs de Lille à Bondues, Linselles, Roncq, Halluin, Bousbecque et autres villages en grand nombre pendant 17 à 18 jours pendant lesquels ils ont dérobés et séparés des gerbes et grains des censiers tant renclos qu'aux champs qu'ils ont battus et exposés en vente publique aux faubourgs de Lille ayant été achetés par plusieurs bourgeois sans en avoir payé le droit aux fermiers qui ont souffert des pertes.

 

2 E 3 / 854 acte 35 du 20/06/1648

Pierre DELERUE laboureur à Wasquehal occupe en louage de Damoiselle Jacqueline BLANCQUART veuve de Jean LEFEBVRE de Lille un moulin à moudre blé à Lezennes et comme à cause des guerres il ne peut jouir paisiblement du dit moulin d'autant plus que "la distance de son domicile est éloigné et qu'il commendroit y exposer pour les mieulleurs des grands fraits et dépenses". Se décharge du bail.

 

2 E 3 / 854 acte 59 du 31/01/1648

Cornille DUQUESNE fils de Jean, laboureur à Wattrelos occupe en avant-bail de son père une ferme sur 10 bonniers à Wattrelos appartenant pour la moitié au Sr Jacques DELAZNNOY écuyer Sr de Fretin et l'autre à Damoiselle la veuve de Pierre DELANNOY de Lille et 15 cens de jardin à la dite. Comme par la calamité des guerres il ne peut en jouir, il remet le bail.

 

2 E 3 / 855 acte 8 du 20/01/1649

Antoine COUVREUR laboureur à Marcq en Baroeul reconnaît devoir à Péronne ROUZEE veuve de Jean MONTAIGNE sa belle-sœur de Bondues 100 florins carolus pour avoir sa puissance 3 vaches levées en sa maison par Jean DURIETZ sergent et en celle de Noël DESTAILLEUR dit Neutin de Marcq pour payement prétendu par Guillaume DEROUBAIX et Madeleine DELEVOYE sa femme, André DEWER et Péronne DELEVOYE sa femme forts de leurs cohéritiers de feu Jean DELEVOIE contre quoi il lui donne trois vaches ou l'équivalent si les gens de guerre d'Espagne les lui prennent.

 

2 E 3 / 855 acte 23 du 08/04/1649

Marc GRULLOIS fils de feu Antoine, laboureur à Lys lez Lannoy âgé de 26 ans et Pierre HESPEL fils de feu Louis de Roubaix âgé de 22 ans affirment qu'ils connaissent Gilles FREMAULT laboureur à Roubaix et que par la prise du château et ville de Lannoy la garnison y a logé faisant des extorsions au dit FREMAULT et ses voisins, coupant les haies et rejets et halots et qu'en août 1648 le dit FREMAULT a perdu ses avestures d'avoine et autres battues en sa grange par les soldats. De plus l'armée du roi d'Espagne a été loger aux environs de Lannoy particulièrement à Wattrelos, Leers, Néchin, Lys et environs où le dit avait 300 fromages de 8 patards chacun que les soldats ont dérobés. Afin d'obtenir modération pour les terres qu'il occupe.

 

2 E 3 / 855 acte 49 du 27/10/1649

Noël DE LINSELLES priseur âgé de 65 ans et Pierre GRANDEL fils de Guillaume, âgé de 48 ans laboureurs à Flers affirment que pour les contributions d'exemption d'être pillé et brûlé par les Français le 25 décembre 1647 au village de Flers a été faite une assiette à l'avenant de 8 livres parisis du bonnier, sachant que Catherine LEMESRE veuve de Gaspard GRULLOIS, censière de la "Cense du Breucq" sur 26 bonniers un cent à Flers a payé 208 livres 5 sols, autre assiette du 27 mars 1648 pour contribution à 4 livres parisis du bonnier 104 livres 5 sols, autre du 11 juin 1649 pour les soldats mis en garnison à Flers et autres manants a été cotisée comme les autres manants 8 livres au bonnier 208 livres 10 sols et pour 4 bonniers à Croix de la comprise de la dite cense pour les contributions et logement des soldats à Croix en juin 1648 et avril 1649 assis le 9 janvier précédent elle a payé 84 livres, pour 10 bonniers sur Wasquehal pour l'an 1648 60 livres et pour la partie d'une assiette pour logement de soldats à Wasquehal en 1648 pour les dits 10 bonniers 30 livres soit 695 livres qui devraient lui être déduites de son rendage. Témoin Henri CABY berger en la dite cense.

 

2 E 3 / 855 acte 50 du 27/10/1649

Jean PLANCQUE fils de feu André, âgé de 62 ans serviteur de court, Henri CABY fils de feu Pierre, âgé de 46 ans, berger demeurant avec Catherine LEMESRE, veuve de Gaspard GRULLOIS censière de la "Cense du breucq" à Flers et Jacques FLORIN hôte à Quatre Homeaux à Flers âgé de 53 ans affirment qu'en avril 1649 lorsque la plupart de l'armée Lorraine a logée à Croix, Wasquehal et villages voisins, la dite Catherine a été contrainte de prendre deux sauvegardes en sa maison ayant coûté compris un cheval emmené pour leur payement qui a été vendu à Monsieur DE WATTIGNIES 27 livres de gros faisant 324 livres, deux pistoles données comme contrainte et deux jacobus à un adjudant pour conserver la dite maison et cense et pour leur monture avec leurs chevaux compris un agneau et des pièces de lard à 470 livres et a été contrainte de prendre une autre sauvegarde lorsque les Lorrains sont retournés venant des villages de Bondues et Linselles loger à Wasquehal et Croix l'espace de cinq jours et pour éviter de brûler la dite cense elle a donné à un colonel 10 pistoles, à son maître d'hôtel une. Pour deux autres sauvegardes a fourni 19 pistoles 1/2 et au page du dit colonel un patagon total de 707 livres 18 sols parisis et pour leurs dépenses durant les dits 5 jours compris la nourriture de 6 chevaux, deux agneaux et un veau qui a été convenu de livrer au dit colonel 100 livres et pour une charrée de foin et 9 tronses pris par eux 50 livres parisis.

 

2 E 3 / 856 acte 9 du 04/02/1650

Jean DESPLANCQUES laboureur à Bondues fils de feu Jean, âgé de 36 ans affirme que feu Jean MONTAIGNE et depuis Péronne ROUZEE sa veuve ont occupé 4 cens à Marcq en Baroeul pendant 12 ans appartenant à la veuve Robert DESCAMPS. Il a été convenu de payer les contributions, tailles, 20èmes, logements et autre subsides mais n'a pu dépouiller en août dernier ni précédent par l'empêchement des gens de guerre et obtenu modération pour la moitié. Mais elle n'en a pas bénéficié bien que depuis 8 à 9 ans que les guerres durent, elle devrait avoir eu modération.

 

2 E 3 / 856 acte 20 du 30/03/1650

François VILLETTE fils de feu François âgé de 50 ans et Jacques LECLERCQ fils de Jacques âgé de 36 ans tous deux de Flers, Antoine DEGRIMAUPONT fils de Vaast serviteur d'Adrien COUROUBLE de Flers affirment qu'Adrien COUROUBLE fils de Michel, laboureur à Flers occupe en cense des pauvres deux bonniers de labeur à Annappes et que des soldats Lorrains en grand nombre sont venus alors qu'ils logeaient à Sainghin en Mélantois le 11 octobre 1649 à Ascq en la maison du dit COUROUBLE ayant battu 1100 gerbes de blé provenant des dits deux bonniers et emportant le grain bien qu'il ait donné en sauvegarde une pistole et pourtant ont du quitter sa maison et grange. A nouveau le lendemain les soldats sont venus en grand nombre piller et ramasser les fourrages, n'ayant pu faner ni battre les grains à cause de ce que les soldats les ont foulés.

 

2 E 3 / 856 acte 21 du 30/03/1650

Michel DUBAR fils de feu Antoine, âgé de 26 ans et Antoine BACHELE fils de feu Pierre de Flers âgé de 26 ans affirment que Jean CATELLE fils de feu Noël, laboureur à Flers tient en louage des pauvres de Flers 22 cens de terre n'ayant pu en profiter à cause que les soldats Lorrains étant à Annappes sont venus à Flers chez lui et ont emporté 300 gerbes de blé et les warras sur 6 cens de terre.

 

2 E 3 / 856 acte 37 du 08/06/1650

Pasquier DEROUBAIX laboureur à Tourcoing occupant une maison sur 43 cens à Tourcoing à la Blanche Porte appartenant à maître Pierre BRYET prêtre à Lille au rendage de 23 livres de gros, souhaitant en prendre un autre, remet celui-ci à son propriétaire demandant modération comme les censiers voisins à cause des pertes souffertes pendant les guerres.

 

2 E 3 / 856 acte 77 du 16/12/1650

Philippe PROUVOST fils de feu Hugues, âgé de 40 ans, Guillaume PAYELLE fils de feu Jean, âgé de 40 ans et Pierre TOURNEMINE fils de feu Jean, âgé de 26 ans laboureurs à Marcq en Baroeul affirment qu'Antoine WAYMEL laboureur à Marcq leur voisin a tenu en cense de Damoiselle Marie DUTHOIT veuve de François LHEURIDAN de Lille une maison sur 38 cens à charge de 26 livres de gros par an et qu'en avril 1649 il a du deux fois loger en l'espace de six jours des gens de guerre de l'armée du duc de Lorraine en si grand nombre qu'ils ont tout pillé et ravagé sa maison tant habits que linges, lit et autres le contraignant à la quitter. Vers la St Rémy trois autres grands logements en foule de diverses nations ayant lors perdu tous ses meubles qu'ils ont brûlé, ses fourrages dérobés au point qu'il a du en acheter pour nourrir ses trois vaches. Demande de modération.

 

2 E 3 / 857 acte 74 du 16/10/1651

Michel BONDUEL fils de feu Michel, sergent et hôte à Bousbecque âgé de 53 ans affirme que Julien SALLENGRE demeurant depuis le commencement de mai 1651 dans une maison à Bousbecque sur 22 bonniers appartenant à la veuve de Josse DESRUYELLES qui a servi de logement aux soldats de l'armée d'Espagne de 14 régiments à Bousbecque et environs pendant 14 jours et qu'en juillet 1651 il a souffert perte et intérêts tant à cause de flemblée (sic) de ses meubles, bois, grains, étrains et autre selon le recueil qu'en ont fait le bailli et gens de Loi de Bousbecque pour 900 livres parisis et depuis par le passage et repassage des dits gens de guerre.

Idem Georges CORNART fils de feu Georges, laboureur et boquillon à Bousbecque âgé de 41 ans dit la même chose : ont été dérobés ses meubles, bois, grains, étrains, deux chariots montés, kerne, herche et autres... au second passage les gens de guerre ont laissé leurs chevaux sur la place des avestures d'avoine, plattes et petites fèves et lainières pour y pâturer sans qu'il puisse juger du montant des dégâts. Puis autre passage ont battu l'avoine, ayant perdu les 3/4 des bêtes à cornes, a été dépouillé de ses vêtements et battu et s'est sauvé avec ses bestiaux non sans grands frais et pertes.

 

2 E 3 / 857 acte 81 du 02/11/1651

Jean DESENS soldat de la compagnie du baron de BEAURAIN actuellement en garnison à Lille d'une part, Jean POISSONNIER fils de feu Bauduin de Frelinghien d'autre part. Le premier ayant livré au second un cheval grison hongre de 12 à 13 palmes âgé de 5 ans qui était sa monture sans vices. Le second a livré au premier un cheval bayart hongre de 16 à 17 palmes de hauteur ayant servi à son labeur.

 

2 E 3 / 3502 acte 19 du 10/11/1641

Nicolas BONNART naguère hoste de la maison "La Tête noire" aux faubourgs de saint Pierre affirme qu'à la fin du mois d'août ou commencement de septembre dernier sur ce que les ennemis français se sont retrouvés aux environs de cette ville de Lille et pourquoi s'en est suivie une grande émotion et alarme qui a causé que le comparant ainsi que la plupart des dits faubourgs se sont sauvés et fuit hors de leurs maisons et demeure, que lors il a abandonné la plupart de ses meubles qui ont été perdus et dérobés entre lesquels a été aussi perdue une arquebuse à fusicque que Melchior DELADERRIERE, fourrier de feu le capitaine CAUDERE lui avait laissée en garde.

 

2 E 3 / 3502 acte 48 du 14/08/1641

Edouard BERTIN courrier de la ville de Paris à Lille affirme que lors de son dernier voyage le 29 juillet, parvenu à la ville de Péronne, à une lieue 1/2 de Cambrai il a rencontré quelques soldats qui, bien qu'il leur ait donné six à sept pièces d'or, lui ont pris sa malle contenant 600 francs d'écus d'or à porter à la maison du monnoyée de Tournai et 30 livres de mercerie.

 

2 E 3 / 3502 acte 58 du 20/12/1641

Louis LECOCQ hôte du logis "Dinckerke" au faubourgs de la Barre à Lille a pris en bail de 12 décembre 1638 de Michel VANDENBAESBROUNCQ prévôt de Sa Majesté en l'échevinage d'Esquermes, Martin LEBLON et Jacques TONNELLE ministres de la Charité des pauvres d'Esquermes 11 cens 1/2 de labeur à Wazemmes et comme à raison du présent temps de guerre des logements de soldats cours d'iceux alenviron du dit Lille et ailleurs et qu'il est impossible de, avec ses chevaux, aller labourer les dites terres si ce n'est à péril de perdre ses chevaux comme ce fut le cas pour ses voisins laboureurs qui ont aussi été battus, il renonce à son bail. Témoin Jacques LEFEBVRE fils de feu Pierre, marchand à Tourcoing.

 

2 E 3 / 3502 acte 143 du 18/12/1641

Jacques DELARUE soldat de la compagnie de Monsieur de MONTRISART du régiment de Monseigneur le prince DE LIGNE ayant été sauvegarde en la "Cense de Lassus" à Lompret déclare avoir reçu de Marguerite LEVESQUE veuve de Pierre GRANDEL, censière de la dite cense 144 livres parisis pour avoir servi six semaines de sauvegarde.

 

2 E 3 / 3502 acte 234 du 23/08/1642

Pierre VANDENBUSCOMME fils de feu Artus bourgeois de Lille âgé de 42 ans, maître maréchal affirme que le jour de la dédicace de la paroisse Ste Catherine en 1640 Pierre DURANT serviteur de sellier de nation française se seroit avec aucun jeune homme retrouvé en la maison du dit affirmant environ le soir ou ayant bu aucun trait de bière fut par le dit déposant dit au dit DURANT en ces termes "Cha Pierre DURAN je bois à vous à la santé de notre roi d'Espagne" à quoi le dit DURAN répartit aussi en ces termes "Je ne veuille point boire à la santé du roi d'Espagne, je beuvrai à la santé de mon roi de France". Ce qu'ayant entendu, le dit comparant lui répartit "Tu est un mal appris, il faut que tu sortes de ma maison" et de fait le dit déposant étant monté en chalet(?), lui jeta un beckre d'argent avec la bière qui étoit dedans après la tête qui occasionna que le dit DURANT sortit de la dite maison. De quoi laquelle attestation les maîtres du corps de style des selliers et carrossiers ont requis d'avoir acte.

 

2 E 3 / 3502 acte 245 du 09/08/1642

Louis CUVELIER fils de Louis, âgé de 48 ans, laboureur à Lomme, Jacques DUTHOIT fils de Jean, serviteur de la veuve Pierre GRANDEL en la "cense de Lassus", âgé de 28 ans de Lompret, Jean BECCUE fils de feu Mathieu, âgé de 33 ans, laboureur à Lompret et Martin CAPPON fils de feu Roland, carton, âgé de 40 ans de Lambersart affirment que la dite veuve GRANDEL, le dit DUTHOIT pour avoir demeuré en demeure encore chez elle et les autres pour avoir souventes fois hanté et commercé en la dite cense, qu'elle tient 2 bonnier de l'abbaye de Loos à Lomme dont un bonnier dépouillé de blé en août 1641 et depuis et jusqu'au siège et reprise de La Bassée des soldats Français et autres conversaient et hantaient le dit Lompret y brûlant censes et maisons, pillant et emportant tout ce qu'ils pouvaient trouver et ravir tant bestiaux, blé qu'autres sortes de grains, même prenant et emmenant prisonnières les personnes de Lompret et environs comme le dit CUVELIER prisonnier des Français nos ennemis et le dit DUTHOIT poursuivi au point que la dite veuve avec ses chevaux, vaches et autres bestiaux est partie demeurer à Lille où elle a emporté autant de gerbes de blé et autres espèces d'avestures qu'elle a pu faire pour nourrir ses bestiaux et autrement. Ils ont vu que les vieux fossés de la dite cense sont bien et dument remplis en hauteur suffisante et réduits en bons prés où se dépouille de bonnes herbes comme l'affirme le dit BECCUE qui a dépouillé 5 ou 6 années d'herbes deux fois par ans en neuf ans et après la fauche les vaches y paissent. Les terre à labeur sont en bon ordre et condition, autant que celles voisines et au devant de la porte de la dite cense il y a deux parties, environ trois bonniers en jachère et deux autres parties à côté un bonnier 1/2.

 

2 E 3 / 3502 acte 248 du 30/05/1642

Monsieur Antoine BOCOURT capitaine de cuirassiers pour le service de Sa Majesté Catholique actuellement à Lille a acheté il y a 9 à 10 jours à Jacques CAULLIER, jeune homme à Lille un cheval de poil gris moucheté pour 100 patacons sous condition qu'il ne soit entaché de la morve pousive ni farsin durant le terme ordinaire qui se donne lors de la vente de chevaux. Or le dit cheval a été visité depuis par deux maréchaux de camps qui le disent entaché de la dite morve et demande son remboursement.

 

2 E 3 / 3502 acte 267 du 11/06/1642

Arnould DE BEAUMARETZ licencier es droits de Douai et autres nomment un procureur pour vendre leurs parts dans les ferrailles d'un moulin torgeois ayant été brûlé au début septembre dernier par nos ennemis français.

 

2 E 3 / 3502 acte 301 du 01/03/1642

Jean LONGUESPEE laboureur à Seclin affirme qu'en septembre dernier il lui a été demandé par Pierre CRESPIN de vouloir au nom de la veuve Charles CARPENTIER de Templemars, aller livrer à un certain tambourin espagnol du régiment du comte DE FONSALDINNE 40 patacons pour payer la rançon de Charles CARPENTIER son fils qui avait été fait prisonnier peu de jours avant par nos ennemis Français. Le dit les a remis sur indication de l'hôte du "Chevalier Rouge" au secrétaire du dit comte qui les remit au dit tambourin qui les porta à Haubourdin chez un certain capitaine du régiment de la Frete Saint Tertre d'une compagnie du baron DESQUINCOURT en l'armée de la Milleraie qui était alors là bas.

 

2 E 3 / 3502 acte 308 du 17/02/1642

Louis WILLEMON fils de feu Pierre, âgé de 65 ans, naguère laboureur à Fâches et présentement réfugié à Lille et Etienne BLONDEAU fils de feu Jean, laboureur à Templemars âgé de 40 ans affirment qu'en raison de l'arrivée et cours faits par les gens de guerre de nos ennemis Français aux environs de Lille fin août 1641 les manants et habitants de Templemars, Vendeville et Billau et autres villages circonvoisins ont été contraints de se réfugier à Lille et ailleurs en abandonnant leurs meubles et avestures qui ont été en grand nombre brûlés par les gens de guerre et leurs meubles et avestures pillés et dérobés pour quoi plusieurs des dits manants sont par pauvreté et disette venu à mourir et certains fait prisonniers au point qu'il n'y a actuellement que peu de gens demeurant aux dits lieux qui sont bien souvent contraints de se retirer en sûreté pour les cours des dits soldats Français et autres gens de guerre de sorte que Charles DESBUISSONS fermier n'a depuis lors pu recevoir aucun impôt touchant les fermes du molage, des bêtes à pied fourchu dit vaghelage, grand tuage, des vins, bières et autres aux dits lieux.

 

2 E 3 / 3503 acte 169 du 10/10/1643

Philippe TAILLIEZ fils de feu Pierre, âgé de 32 ans et Arnould BAILLEZ fils de feu Charles, âgé de 28 ans navieurs avec bateau sur la Haute Deûle descendant de Lens au faubourg de la Barre à Lille affirment que samedi dernier étant proches des walles à Pont à Vendin vers midi, le capitaine avec ses soldats à refusé à la femme de Frédéric DEMAILLY commis pour l'ouverture des dits walles, ils se sont adressés au dit capitaine à 7 heures du soir pour lui demander d'ouvrir et il envoya un caporal pour ce faire mais les portes fermées ont avec une cheville de fer rompu et fait sauté le gros crampon de fer avec lequel était attaché la quinne qui ferme la dite porte par le moyen d'une serrure à nocquet puis a laissé les portes ouvertes tellement que pour n'avoir été fermées ils ont entendu dire que les dites walles et basson sont rompues de sorte qu'on ne peut plus y passer avec bateau. Attestation pour Louis LECOCQ fermier des dits walles demeurant au faubourg de la Barre à Lille. [Même type d'acte au n°173 photo 238]

 

2 E 3 / 3503 acte 316 du 07/08/1644

Ernesse PONSELARRE maître arquebusier à Lille vend au Sr Pierre MORET capitaine lieutenant de son excellence Monsieur le comte DE BUCQUOY étant à Lille 18 fusils et 12 couples de pistolets, les fusils à 10 florins carolus chaque et les pistolets 14 florins carolus dont la livraison est à faire samedi prochain sur 8 à 9 heures du matin à Berghe Saint Winnoc à l'hôtellerie "du Cerf" au dit MORET le retrouvera. Chaque fusil de 4 pieds de long à grosse balles et chacun des pistolets aussi à fusil de six quarts 1/2 de pied qui est semblable à un fusil et coup de pistolet et dans le cas contraire le vendeur s'engage à en livre d'autres, ayant reçu ce jour 102 florins carolus du dit MORET et le reste à la livraison.

 

2 E 3 / 3503 acte 352 du 03/11/1644

Pierre DUTHOIT laboureur à Wambrechies d'une part, Pierre LEDRUZ époux de Marie SIX auparavant veuve de Michel DELOZ laboureur à Lambersart d'autre part. Etant en procès à la Gouvernance de Lille concernant un veau de poil roux entre les mains du dit DUTHOIT que le dit DELOZ maintenait lui appartenir alors que le premier affirme qu'il lui a été remis par une personne le temps qu'elle revienne de Tournai alors que nos ennemis Français étaient en l'an 1641 aux environs de Lille. Le dit LEDRUZ reçoit 22 livres de nourriture du dit veau et le lui donne à condition qu'il réponde de celui-ci si on vient à le réclamer.

 

2 E 3 / 3503 acte 361 du 23/11/1644

Antoine VERSE fils de feu Antoine, âgé de 50 ans manouvrier à Lille et Antoine CLICQUENOY fils de feu Antoine, âgé de 25 ans, batelier à La Bassée affirment que Louis LECOCQ hôte et fermier des impôts qui se lèvent sur les marchandises qui arrivent par bateau du rivage du Hau au faubourgs de la Barre à Lille après la reprise de La Bassée sur nos ennemis Français par l'armée de sa majesté catholique il y a deux ans a sollicité Flouris LIBERT de La Bassée et un grand nombre de manouvrier pour travailler à épuiser et raparfondir la rivière de La Bassée au grand péril d'être pris plusieurs fois par nos ennemis Français pendant les 5 à 6 mois de travaux. Le dit LECOCQ allant chaque semaine solliciter le dit LIBERT pour faire achever au plus tôt les travaux, n'ayant aucun problème d'argent pour payer les salaires. Mais eux visitant avec le dit LECOCQ les dits ouvrages une troupe française les a poursuivie et ils se sont enfuis vers La Bassée étant poursuivis jusqu'aux palissades de la ville.

 

2 E 3 / 3503 acte 373 du 19/12/1644

Aimé BAILLET fils de feu Thomas, âgé de 51 ans, Jean LOTTE fils de Jérôme, âgé de 32 ans et Bauduin DELATTRE fils de feu Louis, âgé de 28 ans tous manouvriers à Harnes affirment que depuis septembre 1644 les a employés à la réfection des walles à Courrières étant en fort mauvais ordre et fort profond en péril d'être entièrement rompues et gâtées comme étant alentour sans bonne fondation, en sorte qu'il a convenu de remplir de bonne terre de marais les grands trous à côté des dits walles, se servant de plusieurs bateaux sous la menace constante de nos ennemis Français qui emmenaient captifs des manants de Courrières et restitués contre rançon.

 

2 E 3 / 3503 acte 375 du 24/05/1644

Gilles DESTAILLEUR fils de feu Simon, âgé de 28 ans, chartier ordinaire de Lille à Dunkerque affirme qu'il y a un an alors qu'il était serviteur de Pierre DESTAILLEUR son frère charretier à Lille, Jean MACAIRE, marchand armoieur à Dunkerque étant à Lille lui a demandé de charger son chariot de bon nombre de mousquets achetés à Pierre VANSTIENBERGHE marchand à Lille pour les emporter à Dunkerque chez Charles DUBON marchand avec attestation de notaire à son arrivée concernant le nombre de mousquets ce qu'il a fait.

 

2 E 3 / 3504 acte 2 du 04/01/1645

Henri BRUNEL fils de feu Denis âgé de 61 ans et Jacques LECONTE fils de feu Thomas, âgé de 50 ans tous deux natifs et demeurant à Pont à Vendin affirment qu'Adrien BOURE fils de feu Vaast, laboureur à Pont à Vendin a eut par succession de son père une maison avec grange sur 3 cens à Pont à Vendin à côté du pont et walle, la dite maison a été détruite et le terrain repris part l'ingénieur maître Julien DESTREZ pour y mettre des fortifications d'un nouveau fort par ordre de Messieurs de Lille.

 

2 E 3 / 3504 acte 4 du 14/01/1645

Gaspard CHEVALIER fils de Galtere, âgé de 35 ans sayeteur à Lille affirme que le 1er janvier 1642 chez Pierre HERMAN de Carvin et François BUCQUET laboureur à Acheville tous deux alors réfugiés à Lille ils ont fait compte en sa présence car le dit HERMAN devait 20 livres de gros au dit BUCQUET pour avoir voituré avec son chariot et ses chevaux depuis Carvin jusqu'à Lille les grains du dit HERMAN et avoir ramassé l'avesture de ses terres pour les mettre en la grange de la "Cense de Beausart" que le dit HERMAN occupe. 4 livres de gros et 13 patards furent reçus en blé, le reste à payer à la dépouille suivante.

 

2 E 3 / 3504 acte 10 du 20/01/1645

Guillaume WAGON fils de feu Pasquier âgé de 45 ans, manouvrier à Willerval pays d'Artois réfugié maintenant à Lille à cause des guerres affirme qu'il y a 4 à 5 ans, après la prise d'Arras par nos ennemis Français il est allé avec d'autre cueillir la dépouille de terre et mis en une grange à Carvin qu'occupait Pierre HERMAN laboureur puis les battues trois semaines. Affirme aussi que François BUCQUET laboureur à Acheville et à cette époque réfugié à Phalempin a pris avec son chariot et trois chevaux les dites avestures pour les mettre en grange puis les mener à Lille.

 

2 E 3 / 3504 acte 33 du 22/03/1645

François BUCQUET fils de feu Simon, âgé de 47 ans et Robert CAREZ fils de feu Jean, âgé de 34 ans laboureurs à Acheville pays d'Artois, réfugiés à Lille à cause des guerres affirme le dit BECQUET qu'il demeure à Acheville depuis qu'il s'est marié il y a 25 ans et le dit CAREZ depuis sa naissance et qu'en 1640 aussitôt après que nos ennemis Français sont venus assiéger la ville d'Arras les habitants d'Acheville et villages circonvoisins ont abandonné leurs maisons et leurs biens pour mettre leurs personnes en sûreté sans pouvoir sauver leurs meubles sauf petite quantité, les Français étant venu emporter les fourrages encore verts au dit lieu et environs empêchant les habitant de profiter des choses des labeurs, fers et semences faits en l'an 1639. N'ayant depuis la prise de la dite ville par les dits ennemis et à cause des courses et pillages qu'ils font journellement pu demeurer au dit Acheville et autres villages autour. Affirment aussi qu'en 1639 le dit village, plus que ses voisins, a du loger des gens de guerre plus jours et plusieurs fois en pillant et dérobant tout ce qui était possible, les contraignant à donner plusieurs patacons et le plus souvent être fort bien battus, entrant dans les granges, battant et emportant les grains, (en)fonçant l'église du dit lieu où les habitants s'étaient mis en sûreté au bruit de leur arrivée avec partie de leurs avestures et meubles que les dits soldats ont emporté ne pouvant ensemencer et lorsqu'ils le purent les soldats venaient couper ce qui était encore croissant. Ecrit à la demande de Martin GOUBE laboureur à Acheville réfugié à Lille et actuellement à Harnes.

 

2 E 3 / 3504 acte 89 du 06/10/1645

Jean DUCAMPS fils de feu Nicolas, facteur de marchands à Lille âgé de 50 ans affirme qu'il exerce depuis 18 ans, acheminant les marchandises par eau et terre et qu'en raisons des guerres présentes, particulièrement depuis la perte de Gravelines occupée par les Français, celle du Sas de Gand par les Hollandais jointes à l'invasion récente des deux armées en la Flandre et châtellenie de Lille dont s'en sont suivies les pertes de Fort Mardyck, Linck, Bourbourg, Saint Venant, Béthune, Merville, tout le Pays de l'Alleu, Armentières, Comines, Menin et autres places ayant accès à la rivière de la Lys, les passages ayant été clos et le trafic de marchandises rendu presque désert à Lille. Les marchands tenant leurs boutiques ferrées sans oser risquer d'en faire venir pour la conduite de leurs affaires de crainte de tout perdre comme l'ont subit certains marchands de Lille tant des mains de l'ennemi que de celles de la gens d'armerie de sa majesté dont une grande partie s'entremet à piller ce qu'ils peuvent rencontrer. Si les calamités présentes continuent les marchands menacent d'aller s'installer ailleurs pour exercer avec plus d'assurance. Requis pas Charles DESBUISSONS fermier du grand tonlieu du roi par les eaux de Menin, des moulins, trous et passages d'Harelbeke, des passages de cette ville au dit Menin et de celui du pont d'Halluin. [Attestations identiques jusqu'au n°92]

 

2 E 3 / 3504 acte 114 du 18/11/1645

Jean LADMIRAND fils de feu Philippe, âgé de 36 ans, Pierre DANEL fils de Noël, âgé de 34 ans et Lucas DELEPORTE fils de feu Amplume, âgé de 26 ans tous francs bateliers à Lille navigant sur la Lys et Deûle affirment que quelques jours avant la prise du Sas de Gand par les Hollandais ils ont été coincés 2 à 3 jours entre Menin et Courtrai à cause de l'ouverture de nuit des trous et walles de Harelbeke de sorte que toutes les eaux depuis Menin jusqu'au dit Harelbeke se sont écoulées les laissant sans eau suffisante, par ordre du baron BECKE pour inonder les environs du dit Sas au grand préjudice de Charles DESBUISSONS fermier des dites écluses. De plus vers août le dit Sas a été pris qui est la saison où "ils voicturent plus qu'ils ne font en mille saison de l'année" d'autant que la navigation avait été empêchée depuis la prise de Gravelines occupée par nos ennemis Français et depuis les marchands n'ose plus faire voyager leurs marchandises alors qu'avant la prise ils passaient deux à trois fois par jour par Harelbeke.

 

2 E 3 / 3504 acte 116 du 19/12/1645

André COUSIN fils de feu Charles, marchand à Lille affirme que depuis les prises des villes d'Armentières, bourgs de Quesnoy sur Deûle, Warneton, Comines et ville de Menin et autres places ayant accès à la rivière de la Lys par nos ennemis Français il y a six à sept semaines la marchandise de sel de brouage a tellement renchérie que le prix est augmenté de 5 à 6 livres du fay. Ayant acheté avant l'événement un fay 9 livres qu'on lui a offert d'acheter aujourd'hui 15 livres ce qu'il a refusé devant le risque de la faire envoyer. [Même sujet au n°123]

 

2 E 3 / 3504 acte 121 du 29/12/1645

Les successeurs de la veuve Gilles MANNIER de Lille d'une part, Philippe CAULLIER fils de feu Jean, laboureur à Mons en Pévèle d'autre part. Accord pour la modération de 4 années du loyer du bien que le second occupe à la Boulière à Tourmignies appartenant aux premiers en raison des pertes qu'il a supportées pendant les présentes guerres tant des gens de sa majesté que lors de l'arrivée de nos ennemis Français à Mons en Pévèle. Témoin Pierre DEHEUZ laboureur rafugié de Tourmignies à Lille.

 

2 E 3 / 3504 acte 137 du 05/12/1646

François BASSECOURT fils de feu Jean, âgé de 57 ans et Antoine HUBY fils de feu Jacques, âgé de 53 ans sergents de Guillaume, Charles, Gérard et Michel DESBUISSONS fermiers de Messieurs des Etats de Lille, Douai et Orchies affirment que travaillant pour les dits DESBUISSONS fermiers des impôts sur les boires de grains ils se sont retrouvés souvent dans les tavernes du faubourg des Malades à Lille où plusieurs fois ils ont vu, en particulier depuis la dernière arrivée et attaque de nos ennemis Français plusieurs soldats qui contraignaient les hôtes à leur payer 10 patards chaque rondelle de kelte qu'ils avaient chez eux et que c'était à eux qu'il fallait payer l'impôt et non aux dits fermiers, empêchant les dits sergents de visiter les caves et les menaçant de les battre s'ils ne partaient pas. Depuis la St Rémy 1645 plusieurs régiments et compagnies de soldats de cavalerie, piétons de diverses nations sont venus loger plusieurs fois sans ordre dans les hôtelleries sans rien leur payer de ce qu'ils buvaient et mangeaient, emportant même des bien meubles, battant et maltraitant les dits hôtes, leurs femmes et familles dont plusieurs furent contraints d'abandonner leur maison pour se retirer en la ville de Lille.

 

2 E 3 / 3504_0210 (fin photo 209) Acte 161 du 26/10/1646

Antoine FURE fils de feu Noël, âgé de 40 ans, commis de la part de Messieurs du Magistrat de Lille pour faire l'ouverture des portes et walles des retenues d'eau sur la Haute Deûle à Haubourdin affirme qu'au début septembre dernier il a commencé à travailler avec grand nombre de manouvriers à étancer et épuiser les eaux de la dite rivière  à l'endroit des dites portes et walles pour les faire réfectionner parce qu'elles ont été rompues et arrachées par nos ennemis Français et autres malveillants. Louis LECOCQ fermier des impôts qui se lèvent sur les marchandises arrivant au rivage du Wau lez la ville de Lille s'est accordé avec Philippe MOREL charpentier à Haubourdin (pour éviter les périls notoires d'être pris prisonnier y allant les charpentiers de cette ville) il a envoyé deux nouveau feuillets de portes tout ouvrés avec les ferrailles, cordes, engin, bateaux et autres ustensiles convenables pour servir aux dites réfections mais le dit MOREL n'a su achever les travaux. Le dit LECOCQ s'est rendu à Haubourdin pour le constater et a du prendre les charpentiers de Lille pendant trois semaines pour faire le travail au péril de leurs personnes d'être prisonniers de nos ennemis Français qui souvente fois et encore présentement se trouvent à Haubourdin au point que le dit LECOCQ qui surveillait l'ouvrage allait reposer presque chaque nuit en diverses places et maisons.

Complément du 29 juin 1648 : Affirme ensuite que depuis 1646 et en 1647 et la présente 1648 les dites walles ont diverses fois été rompues en plusieurs endroits et que le dit LECOCQ les a à chaque fois réparées à grands frais et aussi fait rembrayer et rapprofondir la dite rivière depuis Haubourdin jusqu'au rivage du Wau parce qu'elle fut, tant par les gens de guerre de l'armée de sa majesté catholique que celle de France, en plusieurs places remplie de terre pour avoir leur passage et repassage au grand ratargement de la navigation. Actuellement la plus grande partie des walles et espondis sont rompus et ruinés et la dite rivière remplis de terre et matériaux depuis certains jours par les gens de guerre de sorte qu'on ne puisse sans grande incommodité et peine bonnement naviguer avec les bateaux et les marchandises, ne pouvant apporter que du bois à brûler et des hots sans que sameine et remaine (s'amène et ramène?) aucun grains et encore n'y a que peu de navieurs depuis 1646 qui voiturent sur la dite rivière à cause des vols et pilleries qui leurs sont faites sur leurs bateaux et grands frais et dépenses qu'il leur convient payer pour passer les dites walles aux soldats de sa majesté et de nos ennemis Français. [Accord sur la ferme de la rivière de la Haute Deûle au n°190 photo 246].

 

2 E 3 / 3504 actes 173 et 174 du 15/09/1646

Guillaume GORRE bouteur à Lille et Marie CARLIER sa femme auparavant veuve de Gilles DETERREWANNE pour n'avoir bonnement la commodité de vaquer à la poursuite de l'appréhension et succession de l'hoirie à eux échue par les trépas de Philippe DERTERREWANNE et deux de ses enfants qu'il eut de feue Jeanne DELEFORTRIE terminés de la maladie contagieuse depuis peu de temps, nomment procureur spécial François DETERREWANNE fils du dit feu Gilles et de la dite CARLIER de Lille.

 

2 E 3 / 3504 acte 183 du 14/09/1646

Paul LEMESRE fils de feu Paul, censier et laboureur à La Madeleine affirme qu'il tient en cense de Dame Marie DE VICQ veuve du Sr d'Espaing de Wambrechies 7 cens 1/2 de labeur proches de 22 cens baillés par la dite à Charles DESBUISSONS de Lille qui furent ensemencés de blé pour la dépouille d'août 1645 avec de très belles avestures étant parvenues à meurison (maturité) en août mais il a vu des soldats et hommes et femmes du pays d'Artois réfugiés es faubourgs de Lille qui coupaient et emportaient par sac les épis des dites avestures encore croissantes et non à meurison pendant trois jours. Affirme que plus tard en août nos ennemis Français étaient journellement de jour et de nuit à La Madeleine prenant et faisant prisonniers plusieurs personnes alors qu'elles faisaient leurs labeurs entre autres Simon et Hugues DUTHOIT laboureurs à La Madeleine alors qu'ils travaillaient à côté des dix 22 cens proches du moulin. Plusieurs chevaux des censiers de La Madeleine ont été pris par les Français de sorte qu'ils n'ont pas osé remettre sur les terres qu'ils occupaient sauf quelques uns en février 1646 que lors les manants de la dite paroisse de La Madeleine payaient contribution aux gouverneurs de Menin et Armentières aux mains de nos ennemis Français comme ils le font encore à présent pour sauvegarde. Autour des dix 22 cens il y avait de beaux et gros halots de sauches (saules?) au nombre d'environ un cent apportant à l'occupeur 6 livres de gros par an comme il l'a entendu de Georges RENIER fagoteur de rejets qui ont été coupés et emportés par des soldats ou autres pilleurs et ravageurs de sorte qu'il n'en reste que 5 ou 6 néanmoins foudroyés et à moitié coupés et gâtés.

Même attestation par Simon DUTHOIT fils de feu Martin, âgé de 58 ans et Josse LEMAHIEU fils de feu Maximilien, âgé de 36 ans laboureurs à La Madeleine à l'acte 185 photo 239.

Même attestation par Jean SANTERRE fils de feu François, âgé de 51 ans, manouvrier au faubourg Saint Maurice et Adrien DELEMARRE fils de feu Pierre, âgé de 37 ans manouvrier au faubourg des Malades à l'acte 188 photo 244.

 

2 E 3 / 3504 acte 184 du 19/09/1646

Guillaume THEVELIN laboureur à Wervicq a pris en cense depuis 4 à 5 ans de Damoiselle Françoise LEBLANCQ veuve d'Antoine DUBOSQUEL vivant écuyer, Sr du Coustre de Lille, la moitié d'une ferme sur 36 bonniers à Wervicq à l'encontre de Damoiselle Jacqueline MOUCQ veuve de Jacques DUBOSQUEL vivant écuyer, Sr du Coustre et de Jean Adrien DUBOSQUEL son fils. Ayant ensemencé les terres et fait sa troisième dépouille en août 1646 et comme les prises d'Armentières, Menin, du château de Comines, du bourg du dit Wervicq par nos ennemis Français, par les cours continuels, pillages et ravages qu'ils ont fait et font encore journellement à Wervicq et autres villages des environs, il lui est impossible d'occuper la dite cense, y tenir bestiaux voire même de labourer et ensemencer à péril de perdre ses chevaux et autres ses bestiaux d'être (dé)robés et pillés ainsi que depuis 6 à 7 semaines il a eu un de ses chevaux pris par les Français et presque entièrement toutes ses avestures prises et emportées tant par les Français qu'autres gens de guerre en plus des grands frais et contribution qu'il a supporté de sorte qu'au lieu de tirer profit de son bail, il lui faut exposer son bien propre. Pour quoi il remet le bail entre les mains de sa propriétaire. Témoin Jean BONTE fils de feu Jean, censier "Des Wazière" à Wambrechies. Suivi du refus de la propriétaire de reprendre le bien.

 

2 E 3 / 3504 acte 196 du 10/07/1646

Jean DECROIX fils de feu Jean, peseur au tonlieu du Grand Poids de sa majesté à Lille depuis 29 ans, âgé de 64 ans, Louis SENEL fils de feu Olivier, âgé de 62 ans et Théodore DELAU fils de feu Gilles, âgé de 26 ans bouteurs du dit poids, facteurs et empacqueurs de marchandises depuis 33 ans et 4 ans affirment que le nombre de marchandises entrant par eau dans la ville de Lille et par chariots a considérablement diminué particulièrement depuis que nos ennemis Français ont pris les villes de Gand, Gravelines, Linck, Bourbourg, Béthune, Saint Venant, Estaires, Pays de l'Alleu, Armentières, Menin, Comines et autres bourgs et forteresses. Il est présentement presque impossible aux marchants de faire venir leurs marchandises à Lille ni de les envoyer craniste (craignant) de tout perdre à cause des pilleries et voleries que font aussi bien les soldats et gens de guerre de sa majesté que nos ennemis Français. Affirmant que si les présentes guerres continuent le trafic cessera comme il cesse à présent presque entièrement à la ruine totale apparente de cette ville si Dieu n'y met son remède. Eux, leurs femmes et enfants ne se savent sustenter en sorte qu'ils sont présentement vivant en grande nécessité.

 

2 E 3 / 3504 acte 214 du 07/05/1646

Jean LIENNART naguère hôte à "La Rouge Gueulle" à Lambersart, actuellement réfugié à Lille et Renier ROLLAND boucher de la Grande Boucherie et marchand de bêtes à Lille affirment que depuis quelques années ils ont occupé en cense de Guillaume DUBOSQUEL Sr des Plancques un pré à Lambersart sur 10 cens qui, à cause des guerres et des cours et conversation que font journellement nos ennemis Français à Lambersart et environs, voire jusqu'aux faubourgs de Lille y pillant, (dé)robant et ravageant les biens, bestiaux des marchands et manants de Lille dont plusieurs ont été pris et emmenés prisonniers, n'ont pu être utilisés depuis août 1645 pour faire paître leurs bestiaux. Remise de bail au propriétaire.

 

2 E 3 / 3504 acte 215 du 08/05/1646

Jean MENU fils de feu Jean, âgé de 38 ans réfugié à Lille, Michel DASSONNEVILLE fils de feu Jean, âgé de 48 ans, Simon DELORIE fils de feu Jean, âgé de 41 ans tous deux de Billy Berclau, Luc FAUCQUENOY fils de feu Guillaume, âgé de 51 ans de Don et Jean RICHART fils de feu Jean de Wingles, âgé de 40 ans navieurs au rivage du Wau, La Bassée, Pont à Vendin et Courrières affirme qu'après que nos ennemis Français aient pris la ville de Béthune en août 1645 ils sont empêchés d'utiliser leurs bateaux sur la Haute Deûle vers le rivage du Wau ou dans le sens inverse à cause des pillages et ravages que font les soldats de sa majesté, les volontaires et voleurs, les contrefaisants qui accostent leurs bateaux, prenant et (dé)robant leurs marchandises. N'osant plus naviguer voire d'avantage depuis septembre dernier où les dits ennemis sont proches de Lille et la navigation a cessée depuis 5 mois et particulièrement lors de la batacque (bataille?) que firent les ennemis Français ont fait, brûlant et ruinant 35 à 36 bateaux qui reposaient au rivage du Wau et environs sans moyen de pouvoir en acheter d'autres. Ils ont du prendre sauvegarde pour leurs bateaux en 1646 ce qui n'a pas empêché d'être empêchés de naviguer et pillés par les dits soldats volontaires que voleurs de quoi ils se sont plaints à Monseigneur le comte DU REUX, gouverneur de Lille, Douai et Orchies qui leur a délivré une sauvegarde continuant à payer les droits de passage. Ils sont souvent retardés deux ou trois jours par crainte des pilleurs signalés notamment le dit RICHART en plaine walle de Don lorsque 7 soldats volontaires sont entrés dans la huche de son bateau lui prenant sa bourse de 10 livres de gros sous la menace de mort au point qu'il ne les a pas poursuivis.

Même attestation par Antoine DUPONT Fils de feu Antoine, âgé de 50 ans navieur à Don ajoutant que samedi dernier il était avec son bateau au walle d'Haubourdin duquel des soldats ont emporté 5 rasières d'avoine, l'un d'eux le menaçant avec son fusil le frappa à la face et le fit tomber lui donnant plusieurs coups.

 

2 E 3 / 3504 acte 237 du 08/03/1646

Allard CLICQUENOYS fils de feu Jacques, hôte au logis "Le Lion d'Or" âgé de 55 ans, Antoine WILLIARD fils de feu Martin, hôte de "La Paix" âgé de 54 ans et Jean SIX Fils de feu Michel, chartier du rivage âgé de 36 ans tous aux faubourgs St Pierre à Lille affirment que le jeudi 23 février dernier ils étaient présents lorsque le chartier d'Ypres passait avec ses chevaux et chariot chargé de marchandises, parvenant entre les dites deux hôtelleries ils virent sept ou huit soldats cavaliers de la garnison de Lille alors à pieds, bottes et éperons s'approcher du chariot pour le contraindre à leur donner une valise qu'ils ont entendu être celle du messager d'Ypres demeurant à Lille. Ils l'emportèrent chez Jean PREVOST boulanger aux dits faubourgs pour l'ouvrir en sortant tous les petits paquets les uns après les autres pendant que grand nombre de personnes survinrent dans la dite maison dont des soldats Espagnols ce qui les a empêché de voir si tous les paquets avaient été remis dans la valise avant qu'elle ne soit reprise par les soldats disant que la marchandise étant dedans icelle estait ballotaige et par ainsi qu'elle était de bonne prise. Ils ne savent ce qu'est devenue la valise. Le Sieur Joan FERNAND, sergent de la compagnie espagnole, le capitaine don Jean DAVILLA étant de garnison à la porte saint Pierre en ayant demandé attestation.

 

2 E 3 / 3504 acte 238 du 09/03/1646

Jean BACQUE fils de feu Albert, âgé de 36 ans, Pedro DE CASTRERE fils de feu Pedro, âgé de 30 ans, Jean FERNAND fils de feu Jean, âgé de 28 ans et Jean DODRICQUE fils de feu Jean, âgé de 26 ans tous soldats de la compagnie de Sieur capitaine don Jean DAVILLE en garnison à Lille affirment qu'il y a 15 jours ils étaient de garde à la porte Saint Pierre lorsque sept à huit soldats cavaliers sont arrivés suivis de plusieurs personnes qui criaient qu'ils avaient pris d'un chariot sortant de Lille vers Ypres une valise appartenant à des bourgeois de Lille, leur demander de la reprendre entre les mains du garçon à qui ils avaient demandé de la porter ce qu'ils firent, la portant sur la table du corps de garde, envoyant l'un des soldats de la garde avertir le sergent major et gouverneur de Lille, demandant aux cavaliers d'attendre. Mais ceux-ci voulaient entrer en ville. Ils ont alors ouvert la valise qui contenait des petits paquets, marchandises de soie et filets puis refermèrent sans avoir rien sorti de sorte que si quelque chose y a été dérobé ce ne put être à ce moment là. Elle fut ensuite portée chez le gouverneur accompagné de l'un des cavaliers et de l'un des soldats de corps de garde.

 

2 E 3 / 3504 acte 245 du 05/03/1646

Charles DESBUISSONS bourgeois et fermier à Lille ayant pris en ferme de Messieurs les quatre chanoines de l'église cathédrale Notre-Dame en Tournai la dîme d'Avelin ne pouvant satisfaire le rendage à raison des grandes pertes qu'il a supporté des vols, pilleries et ravages des dites dîmes tant par les troupes des soldats de sa majesté que par nos ennemis Français qui sont encore journellement pillant et ravageant au quartier d'Avelin et environs tellement qu'il n'y a apparence de ne pouvoir librement cueillir ni percevoir les dites dîmes durant l'août prochain 1646. Il remet le bail entre leurs mains.

 

2 E 3 / 3504 acte 250 du 20/02/1646

Jean GHESQUIERE fils de feu Jacques, laboureur à Laventie, pays de l'Alleu à Pierre DIDDIER fils et héritier de feu Pierre pour lui et au nom d'Agnès DIDDIER sa sœur de Lille a reçu quittance du rendage de 24 cens à Laventie et du cours d'une lettre de rente mais n'a pas payé, la dite quittance n'ayant été faite pour éviter la confiscation par nos ennemis Français.

 

2 E 3 / 3504 acte 251 du 03/02/1646

Louis et Jean DELEGRANGE père et fils, âgés de 53 et 31 ans, Jean CANPAINE fils de feu Thomas âgé de 43 ans, Philippe TAILLYE fils de feu Pierre, âgé de 32 ans, Philippe DELERUIELLE fils de feu Jean, âgé de 24 ans et Jean DELERUIELLE fils de feu Pierre, âgé de 22 ans tous navieurs et bateliers sur le rivière de Lens, Pont à Sau, Pont à Vendin et autres places au rivage du Wau es faubourgs de la Barre lez Lille à présents réfugiés à Lille sauf CHANPAINE à Billy Berclau affirment qu'en août ou septembre 1644 les troupes des gens de guerre de son excellence de duc de LORRAINE sont venues loger en grand nombre es villages de Don, Annœullin (Neullin), Carvin, Espinoy, Allennes et autres es environs ayant accès à la rivière pendant 2 à 3 semaines voyant les courses continuelles dans les environs des dits lieux, pillant et ravageant les biens des censiers et manants de sorte qu'on était contraint de se retirer en sûreté. Le dit DELEGRANGE étant présent lors de l'arrivée des gens de guerre avec deux bateaux chargés de parpoints, mollons sur le walle de Don pour aller au Pont à Sau il fut arrêté par quelques soldats qui lui ont (dé)robé 21 florins d'argent ce qui l'a obligé à demeurer à Pont à Vendin plusieurs jours jusqu'à ce que les gens de guerre se soient retirés. Le dit CHANPAINE affirme qu'étant avec 5 ou 6 bateaux chargés de diverses marchandises à la PLancque au Fourquet proche de Billy Berclau où il avait été conduit par sauvegarde des dites troupes jusqu'aux walles de Don, les dites walles furent fermées par des soldats, empêchant le passage s'il ne payait 200 patacons ce qu'ils attendirent et les laissèrent passé pour 17 florins par bateau. Les dits TAILLYS et DELERUIELLE étaient au rivage du Wau avec leurs bateaux et grand nombre d'autres d'où ils n'osèrent bouger tant que les gens de guerre ne se soient retirés sauf Jean DELERUIELLE qui est parti jusqu'au bois d'Allennes où quelques soldats entièrement décoûtré et dépouillé même jusqu'à sa chemine lui ont pris ce qu'il avait sur son bateau. N'ayant tous pu faire les nombreux voyages qu'ils eurent du faire en temps normal. Acte demandé par Louis LECOCQ fermier du rivage du Wau à Lille.

 

2 E 3 / 3505 acte 13 du 20/12/1647

Wallerand MOREL fils de feu maître Jean, âgé de 64 ans de Lille, clerc de l'église de Wazemmes, affirme qu'à Wazemmes, faubourgs des Malades, Notre-Dame et de la Barre les hôtes vendant de la bière n'ont fait que peu de rapport de taxe en 1647 parce que la plupart a été bue et consommée par les soldats et gens de guerre de sa majesté qui ont plusieurs fois, de nuit et de jour, à la roulle et sans ordre venu loger chez eux pillant et dérobant les rondelles, voire même les ont battus, outragés et contraints de donner or et argent. De crainte d'être d'avantage outragés ils ont, pour la plupart, abandonné leurs maisons et n'ont, par conséquent, que payé peu de choses au fermier des impôts. [Même attestation au n°17 photo 25 par Pierre MARTIN fils de Charles, âgé de 45 ans et Charles LENFFANT fils de feu Michel, âgé de 40 ans du faubourg de la Barre].

 

2 E 3 / 3505 acte 14 du 09/12/1647

Alexandre LEPLUS fils de feu Jérôme, âgé de 47 ans, Jacques DELERUIELLE fils de feu Jean, âgé de 33 ans, Philippe DUBOIS fils de Jean, âgé de 32 ans, Gérard DECEUVRE fils de feu Jean, âgé de 38 ans, Nicolas FAIEN âgé de 35 ans et Claudine VANDEWALLE femme de Rémy DELADIENNE tous de Fives hors du banlieue affirment que durant presque toute cette année ils ont du abandonner leurs maisons à raison des passages et repassages des armées de sa majesté, particulièrement les mois d'avril, mai, juin et commencement de juillet alors que chaque armée est venue respectivement boire des rondelles qu'ils avaient dans leurs maisons sans en recevoir aucune chose, au contraire les avoir battus et outragés et plusieurs de leurs biens meubles dérobés, n'ayant pu donner que peu de choses au fermier des impôts.

 

2 E 3 / 3505 acte 21 du 09/12/1647

Vincent PREDHOMME fils de feu Jean, sayeteur âgé de 59 ans au faubourg saint Sauveur et Antoine DEFRELIN fils de feu Jean marchand caufourier au faubourg des Malades à Lille âgé de 49 ans affirment que Charles DESBUISSONS, fermier du droit de passage par chariots et chevaux chargés au faubourg des Malades, depuis le premier jour de septembre 1646 jusqu'à présent, n'a pu presque rien recevoir des marchands caufouriers et autres qui n'ont rien charrié de marchandise de mollon sauf le dit Antoine pour 1/2 année de mollon à raison des vols et pilleries que depuis lors, voire auparavant, les soldats et nos ennemis Français.

 

2 E 3 / 3505 acte 22 du 16/12/1647

Nicolas VANDREMOTTE fils de feu Guillaume de Lille âgé de 51 ans affirme que depuis que l'armée de nos ennemis est proche de Lille soit depuis août ou commencement de septembre 1646 et les prises qu'ils ont peu de temps après faites des villes de Menin, Courtrai, château de Lannoy et autres places, jointes les courses continuelles qu'ils font sur les chemins du côté de Lezennes, il n'est que peu voituré de mollons et blancs cailloux qui se tirent des carrières de Lezennes et qu'on amène à Lille, la plus grande partie vers le rivage pour les envoyer aux quartiers de Flandres par bateau ni de marchandises envoyées par voiture jusqu'à Tournai par des charretiers Allemands à raison des vols et pilleries de nos ennemis Français et gens de guerre de sa majesté et autres malveillants, dérobant chevaux et marchandises des chartiers sur les chemin de Tournai. De sorte que le fermier des impôts sur la dite chaussée a peu reçu.

 

2 E 3 / 3505 acte 23 du 17/12/1647

Jacques SENESCHAL fils d'Antoine, âgé de 51 ans et Charles FUMERY fils de feu Jean, âgé de 39 ans de Lille affirment : le premier avoir été commis depuis 25 ans du droit de passage par chariot et chevaux chargés pour recevoir les impôts de la chaussée du faubourg Notre-Dame à Lille et le second depuis 2 ans pour recevoir le droit de chaussée de la Porte de la Barre et depuis septembre 1646 il y a peu de voitures qui passent en particulier depuis les prises de La Bassée, Armentières, Estaires et autres places par nos ennemis Français, pillages et vols des deux armées et même pour la rompure du pont de Canteleu. Les hôtes des faubourgs de Notre-Dame et de la Barre en été dernier sont venus se réfugier dans la ville, abandonnant leurs maisons. [Même type de témoignage au n°24]