Partons à la découverte du livre de raison inédit du bailli de Moorsele.

On trouve de tout sur Internet. Il y a quelques mois je m'arrête sur un vieux document en flamand qu'un libraire mettait en vente. L'écriture, l'ancienneté et la langue l'empêchaient de savoir de quoi il s'agissait exactement. Il ne me fallu que quelques efforts pour comprendre que c'était le livre de raison d'un bailli de Moorsele.

 

Moorsele (à ne pas confondre avec Moorslede plus au Nord-Ouest) est une petite commune des environs de Wevelgem et Courtrai. C'est d'ailleurs à Courtrai que nait et est baptisé le rédacteur de cet ouvrage en 1600, il est prénommé Guillaume. Son père est Antoine BOTTENS, sa mère Jeanne TANGHE.

Le document

 

Il s'agit bien ici d'un livre de raison, du latin liber rationis ou liber rationum, c’est-à-dire "livre de comptes" puisque c'est un registre de comptabilité domestique comportant également des notations à caractère familial ou local. Tenu par le père de famille, il constituait un aide-mémoire pour l’auteur, mais il était principalement destiné à renseigner ses héritiers. Fréquemment un même livre de raison se transmettait de génération en génération ce qui sera le cas ici, chaque chef de famille le tenant à son tour.

Guillaume BOTTENS commence son livre de raison à la pentecôte 1628.

Livre de notes manuscrites par moi Guillaume BOTTENS concernant diverses affaires de mon commerce, ainsi que des dons de mariages, baptêmes d’enfants commençant le jour que je tiens, savoir pentecôte 1628 ainsi ici complété par l'âge de mes enfants.

Il le tiendra jusqu'en 1649 et meurt en 1652. Il semblerait que Josse MULLEM qui a épousé Robertine BOTTENS, née en 1642 du dit Guillaume, en hérite après le père du dit Josse qui avait épousé la sœur de Guillaume. C'est donc bien un livre de famille… En 1682 c'est Josse MULLEM, fils, qui alignera quelques lignes jusqu'en 1683 à la suite de son père qui n'avait, lui aussi, qu'ajouté quelques notes.

1683 : Le (blanc) janvier moi, J. VAN MULLEM, fus parrain de l'enfant de Maxy VAN ACKER à Gullegem et ai donné le nom de Roberte.

L'ouvrage est un livret de 54 folios dont 38 sont écrits. Format 15x21 cm muni d'une couverture de peau et quatre lacets, il est entièrement écrit en flamand. C'est grâce à l'aimable concours de Luc PETILLION et à la relecture de Johan BEUN que les francophones peuvent à présent profiter de ce texte très intéressant à bien des égards. Toutefois certaines formulations ou certains termes n'ont pu être traduits, le flamand et ses variantes locales ayant bien plus évolués entre 1628 et aujourd'hui que le français.

Les informations généalogiques qu'il contient complètent celles contenues dans les registres paroissiaux, en particulier pour les mariages et décès qui commencent plus tard dans le secteur. Les communes dont il est question sont celles de Moorsele bien sûr, Courtrai, Wevelgem, Ledegem, Ingelmunster, Gullegem, Heulle, Gheluwe, Schorre, Oekene, Dixmude, Moorslede, Reckem, Audenarde et Bruges.

 

Mariages à charge de revanche

Comme l'indique l'introduction de l'ouvrage par l'auteur, il s'agit d'un livre généalogique puisqu'il concerne sa famille. Il commence donc par son propre mariage même si quelques notes antérieures ont été ajoutées dans un ordre qui n'est donc pas toujours chronologique. Il donne la liste de ses invités et ce qu'ils ont donné car il est d'usage, le jour du mariage, de mettre in het beken, dans un plateau, une certaine somme, le plus souvent six livres. Cette précision sur les dons servira ensuite lorsque lui-même sera invité à des mariages car tout ceci se fait "à charge de revanche".

Le 2 août 1633 fut la fête de mariage de Madeleine PAREYTS fille de Jean qui a épousée Pierre GEYSEN de Heulle. Je fus invité de Jean PAREYT et ai donné… 6 livres parisis.
(En marge : PAREYT a bon de l'argent de ce mariage parce qu’il est venu à mon mariage – Mémoire).

Ouvrage généalogique, livre de compte et "règlements de comptes" car il indique également que Josse FOCQUE (FOLKIN?), son beau-frère, n'est pas venu à son mariage et lors du second mariage de Josse VANDENBERGHE, frère de son épouse, Guillaume écrit :

Le 18 juillet 1634 s'est marié Josse VANDEN BERGHE mon beau-frère avec Antoinette CLARBAUT mais parce qu’il a tenu la fête de mariage sans m’inviter, mais bien les autres sœurs et frères, donné en catel pour la somme de (rien).

A celui de sa sœur Barbe, âgée de 42 ans, il précise qu'il n'a rien donné.

Les dons en argents sont parfois augmentés de dons en nature comme lors du mariage de sa servante en 1636 à qui il donne dix livres, ce qui est déjà d'avantage que d'habitude, mais aussi dans un panier : du beurre, des œufs et un jambon. Ce n'est d'ailleurs pas la seule servante au mariage de laquelle il se rend. En 1633 Jean VANSTEENKISTE, fermier, épouse sa propre servante, en 1635 c'est un Josse VANSTEENKISTE qui fait de même. On ne compte pas moins de soixante quinze mariages auxquels il se rend avec ou sans son épouse et parfois auxquels il délègue quelqu'un en son nom à cause de l'éloignement, d'une visite inopinée ou du mauvais temps. Et encore, pour la période 1642-1645, ne donne-t-il aucune autre précision que "j'ai été beaucoup invité". Autant de dates pour lesquelles il ne subsiste pas toujours de registre paroissial.

 

Des baptêmes traditionnels

Le même principe du plateau est utilisé pour les baptêmes avec parfois une conversion de l'argent… en objets d'argent : gobelet, coupe, salière, plateau, cuillère, bénitier. Là aussi il lui arrive de mandater un parrain en son nom. Son épouse et lui sont parrain-marraine de dix-sept enfants. Selon la coutume c'est le parrain ou la marraine qui donne le prénom de l'enfant (souvent le sien). Toujours selon la coutume le premier enfant de Guillaume a pour parrain Antoine BOTTENS son grand-père paternel et pour marraine Marie CEYS sa grand-mère maternelle. Le second aura pour parrain son oncle maternel (le grand-père maternel doit déjà être décédé) et pour marraine sa grand-mère paternelle.

 

Un prêtre ou religieux à chaque génération

Il participe également aux vêtures de deux religieux. Celle de Charles son frère âgé de 18 ans en décembre 1635 "Pour la gloire du Seigneur", précise t'il. Puis en 1647 celle de Guillaume son plus vieux fils qui devient, comme son oncle et au même âge, Récollet. C'est d'ailleurs l'occasion de préciser les frais de service chez les Récollets de Courtrai, frais de cire et d'habits. En 1639 c'est la première messe du frère du curé de Moorsele, en 1630 la prise d'habit comme Béguine de la nièce de ce même curé.

Des beuveries

Terme le plus approprié pour traduire le mot flamand drynckardie qui est en fait l'ancêtre de nos galas de bienfaisance où chacun apporte son obole sous prétexte de prendre un verre pour aider ceux qui sont dans le besoin. C'est ainsi que Guillaume BOTTENS participe à quatre d'entre elles. La première pour payer les frais d'enregistrement d'un jugement, la deuxième pour reconstruire une maison brûlée par accident "Dieu nous préserve d'une telle malchance", la troisième pour un moulin détruit de la même façon. La cause n'étant pas précisée pour la dernière.

VolOn n'est plus en sécurité…

Le 29 août 1631 vers minuit des voleurs s'introduisent chez lui en faisant un trou dans le mur de sa façade ce qui semble plus simple, ou du moins plus silencieux, que de fracturer la porte et laisse à penser que les murs étaient en torchis. Deux de ses chiens mourront le lendemain, probablement empoisonnés.

Le 2 août 1633 alors qu'il est au mariage de Madeleine PAREYTS et Pierre GHEYSEN de Heulle, sa boutique est à nouveau cambriolée "principalement de mercerie". Il tente, sans succès, de retrouver ses biens.

Il ont fait un trou dans la façade côté sud tenant à la rue d’Ypres et ils ont aussi essayé de faire un trou sous le seuil de l’entrée, la perte était selon nos proches amis de cinquante livres de gros et aussi 20 florins que j’ai perdu pour récupérer les biens volés ce qui n’est pas réussi jusqu’à présent 7 septembre date ci-dessus.

 

La famille

Le rédacteur

Guillaume est donc baptisé le premier octobre 1600 à Courtrai. Il est l'aîné de sept enfants. Ses parents décèdent à quelques jours d'intervalle en octobre 1639 et sont inhumés chez les Récollets à Courtrai. Guillaume indique qu'ils étaient mariés depuis quarante ans et étaient âgés lui de 75 et elle 70 ans ce qui les fait naître en 1564 et 1569. "Dieu ait leurs âmes en grâce" écrit-il, car aucun autre type de sentiment que le religieux n'est exprimé dans ce document. Le successeur du rédacteur précise que Guillaume BOTTENS est mort en 1652 souhaitant "paix éternelle à son âme".

Courtrai St Martin

Courtrai – Eglise St Martin – Sanderus 1641

Une belle-mère…

Guillaume avait épousé entre 1626 et 1628 Elisabeth VANDENBERGHE dont le père doit déjà être décédé car il n'est fait mention que de Marie CEYS, sa mère. Il ne mentionne pas de décès pour celle-ci mais indique qu'il habite chez elle en 1633 car il y fait des travaux et en présente les comptes dans son livre afin de pouvoir récupérer les frais engagés, et indispensables selon lui, que sa belle-mère ne veux pas payer. Il a en effet ajouté des planches aux murs et des ancres afin de lui éviter l'épisode fâcheux d'un cambriolage et a fait refaire le sommier de son lit. Il ne précise pas où habite sa belle-mère mais c'est très probablement à Moorsele ce qui y explique l'arrivée de Guillaume depuis Courtrai. On y trouve en effet une naissance d'un Nicolas VANDENBERGHE fils de Victor et Marie (sans nom) en 1604. Comme il s'agit du premier registre des baptêmes de la commune et qu'Elisabeth a un frère prénommé Victor (prénom peu répandu), ses frères et sœurs et elle-même, doivent y être nés avant le dit Victor. Nous savons que Marie CEYS tenait boutique, probablement de mercerie car il est fait mention plusieurs fois de nombreux articles de ce genre, et qu'elle meurt donc après 1633.

Ses enfants

Le couple a huit enfants de 1629 à 1642, tous baptisés à Moorsele sauf Antoine en 1633 en un lieu inconnu. L'un d'eux deviendra Récollet à Courtrai comme nous l'avons vu, deux mourront de la peste en 1647, trois se marieront. Leur fille Elisabeth épousera en 1660 à Courtrai Michel LIEVENS et Robertine, née en 1642 épousera en 1678 à Bruges son cousin germain Josse MUSSELE "Dieu veuille leur donner une longue vie ensemble d'âme et de corps." L'auteur n'arrive pas à fixer son nom, passant de MUSELLE à MUSSERIE à VAN MULLEM qui est la forme adoptée par le dit Josse lorsqu'il reprend le livre de raison. Josse est fils d'un autre Josse qui a épousé en 1635 à Courtrai Françoise BOTTENS, sœur de Guillaume.

Ses frères, sœurs, beaux-frères et belles-sœurs

Les frères et sœurs de Guillaume naissent tous à Courtrai (St Martin) de 1602 à 1617. Ils se marieront avec des MUSSELLE, CARBONEL et STORME. L'un d'eux, Pierre, aura neuf enfants à Courtrai.

Elisabeth est invitée aux mariages et baptêmes des enfants de Jean, Victor et Josse VANDENBERGHE même si, lors du deuxième mariage de ce dernier, le couple n'est pas convié. Une partie d'entre eux s'établie à Gullegem. Elisabeth DELEBERGHE meurt en 1646. Guillaume BOTTENS épouse alors en 1648 Catherine DESANTELE, elle-même veuve.

Ses fonctions

Le bailli

Etant bailli de Moorsele, Guillaume est impliqué dans la vie locale. Il est donc présent le 23 juillet 1637 lorsque l'évêque de Tournai vient bénir les trois nouvelles cloches de l'église. Il reçoit à dîner chez lui les religieux à l'issue de la cérémonie.

Monseigneur l'évêque de Tournai est venu faire la bénédiction personnellement et ils ont pris le souper ici dans ma maison, avec lui sont venu beaucoup d’hommes religieux, chanoines, doyens prêtres etc., ce qui faisait dans ma chambre bien environ 30 personnes à table.

Il est lui-même parrain de la deuxième cloche au nom du comte de Mouscron, seigneur de Moorsele, son employeur, et représente les gens de la châtellenie de Courtrai. Le curé est parrain de la troisième cloche. Il représente à nouveau son seigneur lors du mariage d'un fermier de celui-ci en 1640, lui remettant, en son nom, quarante-huit livres. Josse, fils de Guillaume, qui a épousé Jacqueline Alexandrine VANDERHAGHE augmentera le prestige familial en devenant Grand Bailli de Heulle, Moorsele, Gulleghem, Ledegem et Bissegem nous précise la note mentionnant son décès en 1681.

Quelques notes comptables concernent la seigneurie de Moorsele. En 1633 il devient propriétaire d'une terre que le précédent propriétaire s'est empressé d'abandonner de peur de devenir échevin de la paroisse.

J’ai acheté du Sieur Antoine MALEFEYT une pièce de terre grande d'environ 2 cens gisant loin au nord-est de l’église de Moorsele tenue de la seigneurie ter Gracht venant hors du chef d'un certain Clais DE SMET qui était fermier de la ferme ter Kouter, qui a abandonné ladite pièce au profit du seigneur parce qu’il avait peur d’être échevin de ladite paroisse de Moorsele.

Le receveur de l'abbaye

En 1632 la marraine de sa première fille est Demoiselle Jacqueline CONNINCK, sœur de l'abbesse de Wevelgem. Guillaume est en effet receveur de l'abbaye depuis le 2 janvier 1630 et indique qu'il est d'usage de faire, à l'occasion de sa nomination, des dons aux religieuses, aumônier, chapelains et même à une femme sans mains.

Abbaye de Wevelghem

Abbaye de Wevelgem – Sanderus 1641

Il succède à ce poste à André GEYSEN qui est mort depuis trop longtemps lorsque Guillaume reprend le rôle "d'homme vivant et mourant" ou de "responsible" au nom de l'abbaye. En effet lors de la mort d'un propriétaire, le successeur doit payer un droit de mutation (relief) au seigneur du lieu. Comme les abbayes ne meurent pas mais sont propriétaires de biens dépendants de divers seigneurs, il y a un manque à gagner certain pour ceux-ci. Aussi sont elles tenues de nommer un homme desservant sur la tête duquel repose le payement des droits de succession. Or donc, le délai autorisé pour procéder au relief à la mort de GHEYSEN était dépassé lorsque Guillaume entame la démarche ce qui valut une amende aux religieuses.

Le 22 septembre 1631, j’étais devant bailli et hommes de fief de la cour d’Ingelmunster à cause du décès d’André GEYSEN, homme desservant du fief et seigneurie de Coelenberghe, ce qui a bien coûté à Madame pour lesdits bailli et hommes de fief la somme de 50 livres parisis. C’est pourquoi à ma mort dans le délai de 19 jours on doit faire le rapport et nommer un autre homme desservant pour éviter de tels frais inutiles. Donc mémoire.

Même s'il tient un livre de compte particulier pour l'abbaye on trouve quelques mentions de ces comptes dans son livre de famille concernant les bois, l'achat de filets de pèche et sommes reçues.

Il va également à plusieurs mariages de serviteurs du cloître, à ceux d'officiers du comte de Mouscron ou d'officiels : bourgmestre ou receveur. Tout comme ses supérieurs sont parrains de ses enfants tels que son grand bailli ou le seigneur de ZEELANDE.

A titre personnel il prend en bail avec son beau-frère et Thomas LANOTE les dîmes de Moorsele, Menin en Wevelgem pour trois ans. Pour se faire il se rend à Cassel. Il achète également de la bière au tonneau, autrement dit "à la rondelle".

 

Les événements

La guerre

Guillaume BOTTENS fait peu mention de la guerre qui sévit dans la région dans la cadre de la guerre de Trente Ans. Tout au plus note t'il qu'un soldat se marie et qu'un apothicaire de l'armée du général Espagnol PICCOLOMINI lui donne un remède. En août 1641, alors que les Français s'approchent de Lille, il organise une fête en l'honneur du dépositaire de la châtellenie de Courtrai qui est allé, au nom de tous, jusqu'à Béthune rencontrer l'ennemi Français pour lui donner une contribution volontaire afin d'éviter qu'il ne vienne piller le territoire.

La peste

1646 et 1647 sont les années de "la maladie", on meurt beaucoup autour de Courtrai et de Lille. L'épouse de Guillaume décède le 12 octobre 1646 de cette maladie que l'on nomme "peste" à l'époque mais qui pouvait recouvrir de nombreuses maladies contagieuses. Lui-même est en convalescence chez son gendre MUSSERIE. Elle sera inhumée dans le chœur de l'église de Moorsele "Dieu tout puissant ait son âme en grâce".

Et rien ne va plus dans la maison. La peste sévit dans toute la commune et les morts sont nombreux. Son fils Jean âgé de neuf ans est malade depuis plusieurs mois lorsque Jacqueline, âgée de quinze ans puis Anne, âgée douze ans, ses deux filles, meurent en juillet 1647. Une veuve qui vivait chez eux meurt le même mois. Il fait venir des médecins, leur fait donner à tous de la bonne nourriture, n'hésite pas à sacrifier ses ustensiles domestiques pour préparer les médicaments puis, finalement, à payer les trois enterrements et faire un don aux enfants de la veuve ce qui lui coûte quatre-cent livres, somme très importante à l'époque. Mais, s'il précise les frais engagés, il termine sa note par un "Pour l'honneur de Dieu et sa gloire". Il épouse en janvier 1648 une veuve dont l'unique fille, âgée de treize ans, est morte deux mois auparavant.

Des remèdes

C'est ainsi que ce livre de raison ne se contente pas de nous raconter l'histoire d'une famille et de faire des comptes, c'est aussi un livre de recettes ou plutôt de remèdes car devant la maladie on se rattache à tout ce que les hommes, charlatans ou non, vous donnent comme espoir.

Deux de ces remèdes concernent les pestiférés. Le premier, venant d'un homme de Ledegem, conseille au malade, dès l'apparition des symptômes, de se mettre devant un feu de chêne vert pour transpirer puis de lui apposer de la glaise vinaigrée sur les paumes des mains et des pieds et de lui faire boire de la bière chaude mélangée de beurre "et quand, le jour après, la douleur monte à la tête" (sic) on met du beurre sur sa tête. Le second doit être beaucoup plus efficace puisqu'on en fait remonter l'origine au roi Mithridate ! Il s'agit là d'un mélange de noix, figues, citron, vinaigre de vin que l'on déconseille fortement aux femmes enceintes.

D'autres recettes aussi étranges parsèment l'ouvrage : l'une contre le "merisson rouge" (?), une contre les saignements de nez qu'il convient de combattre en se nouant une pièce d'or sur le front, une contre l'eau dans les jambes et le corps à base de genêt, livèche, œufs et farine qui fonctionne, nous dit-il, "avec la grâce de Dieu". Une dernière concerne le mal aux yeux et lui a été apprise par un pharmacien de l'armée du général PICCOLOMINI.

Disponible à l'achat (15 euros + frais de port éventuels)

- 148 pages format A4 comprenant l'image de chaque page du document et en vis-à-vis sa transcription en flamand puis sa traduction en français + notes de compréhension, deux illustrations couleurs et actes paroissiaux correspondants.

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