TOURMIGNIES - Les curés
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LES CURES DE TOURMIGNIES AVANT 1802 par l'Abbé Duhen
source : Société d'Etudes de la Province de Cambrai fondateur : le Chanoine Th. LEURIDAN bulletin trimestriel N° 2 année 1951
Cette liste a été dressée par M. l'abbé Duhen, curé de Tourmignies (1898 – 1905), en grande partie d'après les travaux de M. l'abbé Desmarchelier, curé de la paroisse voisine d'Avelin (1894-1906). Nous présumons qu'ils ont utilisé l'un et l'autre les archives episcopales de Tournai maintenant disparues. Les archives paroissiales n'ont pu les renseigner qu'à partir de 1737. Mais ils ont eu recours aussi aux Archives départementales et aux notaires de la région de Phalempin, de Seclin, selon quelques références qu'is ont notéesNous avons incorporé au travail de M. Duhen le résultat de nos recherches personnelles sur le curé janséniste M. Baudechon.
Pasque HAILE, signe en 1544, une déclaration des biens fonds de la châtellenie de Lille.
Valérien BLONDEL, mort à Tourmignies en 1596.
Jean BARET, nommé 17 octobre 1596, mort à Tourmignies en 1599.
Toussaint DUGARDIN, prend possession 12 mars 1599, résigne en 1610 pour être nommé à Fâches, où il meurt en 1619.
Antoine DESROUSSEAUX, vient de Faches, nommé à Tourmignies le 22 avril 1610, transféré en 1623 à Bauvin.
Charles LEDUCQ, nommé à cette date, mort à Tourmignies en 1642.
Pierre LONGUESPEE, transféré de Carnin en 1642, mort à Tourmignies en 1668.
Paul de SAINT MARTIN, nommé le 5 mars 1668, sept ans plus tard résigne son bénéfice pour celui de Noyelles les Seclin.
François BERNARD, transféré de Noyelles en 1675, administre Tourmignies jusqu'en 1678; on ne sait ce qu'il devint ensuite.
Pierre DERVEAUX, nommé à Tourmignies le 15 janvier 1678, résigne son bénéfice le 19 février 1687 pour la cure d'Haubourdin où il mourut en 1693.
Jean François d'HENNION, curé de Tourmignies du 16 octobre 1687 jusqu'en 1691. Devin curé de Radinghem en 1694.
Luc DORCHIES, transféré de Watignies, curé de Tourmignies, du 7 février 1691 jusqu'en 1694, mort dans une autre cure vers 1699.
Nicolas d'AUDENARDE, curé de 1694 à sa mort le 21 mars 1696. Avait été antérieurement curé de Lesdain (?), Lecelles et Radinghem (un fragment de pierre tombale enchâssé dans le pavement de l'entrée de la sacristie donne de lui une courte biographie. Un acte signé de lui réglant les revenus de la commune avec son successeur se trouve à l'étude Me J. Delattre, notaire à Phalempin, 1694)
Barthélemy DEBRABANT, né en 1669, prêtre en 1694, vicaire à Brillon, son pays natal, cure d » Tourmignies, le 7 septembre 1697, en 1701, curé de Saint Pierre de Tournai, en 1719, doyen de Saint Amand, où il meurt en 1730.
François BAUDECHON, curé de Tourmignies depuis le 14 septembre 1701, en juillet 1714 refuse de lire en chaire la bulle Unigenitus et le mandement épiscopal qui la communiquait, poursuivi par l'officialité de Tournai, et condamné par contumace, se serait exilé, rentre à Tourmignies (sans pouvoirs), après la mort de Louis XIV (1er septembre 1715), condamné de nouveau après la bulle Pastoralis de 1718 pour en avoir appelé de cette bulle comme de la précédente. A partir de 1726, atteint par des lettres de cachet qui l'envoient en diverses résidences, il meurt aux environ de Paris, en janvier 1747, âgé de 76 ans. Il avait accueilli chez lui M. Duhaut, curé de Péronne, pareillement insoumis, qui mourut à Tourmignies en 1722.M. Baudechon avait gardé jusqu'à sa mort le titre de curé qui était inamovible, mais sans pouvoir en exercer les fonctions. La paroisse fut pendant ce long intervalle de 1715 à 1747 administrée par des « desserviteurs » comme l'on disait dans nos régions septentrionales.Nous ne les connaissons qu'à partir de 1737, parce que les registres paroissiaux ne remontent pas plus haut. Voici la liste de ces ecclésiastiques qui ne firent en général à Tourmignies qu'un bref séjour.
Nicolas DESBOUREZ meurt à Tourmignies le 5 janvier 1738; nous ignorons la date de sa nomination.
D-F LEMAIRE exerça à Tourmignies de 1738 à 1739.
Pierre Joseph SIX, desserviteur, de 1739 à février 1740.
Ignace FARIN, de 1740 à 1742.
J. LEMAIRE, 1742 – 1743.
Toussaint SIX, 1743 à 1746.
Augustin MOURCOU , 1746 – 1747.F
Sébastien DOURBE, qui resta à Tourmignies du 24 octobre 1747 à avril 1754.
Antoine MAZENGUE, nommé le 28 avril 1754, était en fonction au moment où la Révolution éclata. Il refusa le serment constitutionnel le 11 février 1791 quand se présentèrent chez lui le maire et deux officiers municipaux, mais il continua à exercer ses fonctions jusquà ce que se présentât un prêtre assermenté. En novembre 1791, les électeurs du district de Lille nommèrent un ancien curé d'Humbercamps (Pas de Calais), M. Bourgeois; il ne semble pas s'être jamais rendu à Tourmignies. Le décret du 26 août 1792 ne permit pas à M. Mazengue d'y séjourner plus longtemps; il lui fallait quitter le district dans les huit jours et le royaume dans la quinzaine, après s'être muni d'un passeport. Il l'obtint le 10 septembre 1792 (son mobilier, dispersé dans des maisons du village, fut recueilli et vendu au profit de l'Etat, le 11 novembre 1792, par les soins des officiers municipaux. Cette vente rapporta 646 livres 7 sols). et alla s'établir à la frontière belge, à Howarderie, où il séjourna jusqu'à l'arrivée des troupes françaises, en mars 1793. Il dut alors s'éloigner davantage, mais nous ne connaissons pas le lieu de son exil.Il profita de la détente qui suivit le 9 thermidor pour regagner la France; en août 1795, il fint s'installer à Aix en Pévèle. En octobre 1795, les administrateurs du district de Douai consentirent à l'y laisser provisoirement sous la surveillance de la municipalité, émus non seulement par les pétitions de ses parents, mais surtout, semble-t-il, par l'affaiblissement sensible de ses facultés intellectuelles. Le coup d'état de fructidor an V le força de nouveau à s'exiler, cette fois sans espoir de retour.
Le curé constitutionnelIl en arriva un dès le départ de M. Mazengue, à savoir Louis Laurent, natif de Neuf-Mesnil, ancien chanoine de Phalempin, qui avait prêté serment et quitté sa communauté le 23 juillet 1791. Bien qu'arrivé à Tourmignies en septembre 1792, il n'y fut installé officiellement par la municipalité que le 9 décembre ; il prêta alors le serment exigé par la loi du 10 août 1792. Au début de 1794 il abdiqua son état et ses fonctions et rentra sur place dans la vie civile. Le 25 avril 1795, lors d'une enquête, la municipalité le signala comme exerçant à Tourmignies, le métier de jardinier. Ministère exercé clandestinement par des insermentés.Après la détente qui suivit la chute de Robespierre, Tourmignies reçut parfois la visite de prêtres insermentés. On cite l'abbé Demory, ancien vicaire d'Auchy, neveu de M. Mazengue, l'ancien curé, dont la présence dénoncée au district avait sans doute quelque raison de ministère, et surtout l'abbé François Brédart, qui évangélisa toute cette région du sud de Lille jusqu'à Leforest et Courrières. Il se distingua dès les débuts de l'accalmie, en 1795. Expulsé, il reprit de plus belle et dans tout l'arrondissement. Le 20 mai 1797, il est dénoncé par six habitants comme résidant dans le village, après avoir « fanatisé » nombre de localités des environs, notamment Coutiches, Faumont, Roost, Annoeullin. Et peu de jours après, le maire de Tourmignies, J.B. Mélantois peut annoncer son arrestation. Il fut mis en liberté, à condition de ragagner la Belgique ; bien que né à Roubaix, il passait pour étranger.
Victor Duhen, né à Brunémont, en 1863, ordonné prêtre en 1887, fut transféré de la cure de Tourmignies à celle de Bévillers, puis à celle de Ligny-en-Cambrésis. Doyen de Carnières, il le fut ensuite d'Avesnes les Aubert où il mourut en 1933. Il était chanoine honoraire de Cambrai depuis 1934. Il était membre de la Société d'Etudes pour laquelle il avait rédigé une importante monographie de Tourmignies.
Micheline Dervaux
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